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Prescription et remboursement en France
Critères d'IMC, comorbidités reconnues, liste complète des médecins habilités à la première ordonnance et annuaire des centres spécialisés pour les trouver.
5 min de lecture

C'est la question la plus posée dans le groupe, et celle sur laquelle circulent le plus d'informations fausses. Voici les règles telles qu'elles figurent dans les textes officiels, avec les critères précis, la liste complète des médecins habilités et l'annuaire pour les trouver près de chez vous.
En bref
Le taux de remboursement est de 65 %. Une prise en charge à 100 % peut s’appliquer lorsque le traitement est prescrit en lien avec une ALD exonérante et figure dans la partie correspondante de l’ordonnance bizone. Le fait d’être en ALD ne suffit pas, à lui seul, à garantir cette prise en charge. Mais le remboursement est nettement plus restrictif que l'autorisation européenne : il faut remplir des critères d'IMC précis, avoir déjà tenté une prise en charge nutritionnelle pendant six mois, et obtenir la première ordonnance auprès d'un médecin habilité, qui n'est pas votre médecin traitant.
Les critères d'IMC, précisément
Deux situations ouvrent droit au remboursement pour le contrôle du poids :
- IMC supérieur ou égal à 40 kg/m², sans autre condition ;
- IMC supérieur ou égal à 35 kg/m², à condition d'avoir au moins une comorbidité de la liste ci-dessous.
Un IMC compris entre 30 et 35 n'ouvre pas droit au remboursement, même si l'autorisation européenne du médicament, elle, descend jusqu'à 27 avec comorbidité. C'est toute la différence entre être autorisé et être remboursé.
Les comorbidités reconnues
La liste officielle est limitative. Y figurent notamment :
- le diabète de type 2 ;
- l'hypertension artérielle traitée ;
- l'hypertriglycéridémie résistante au traitement, supérieure à 5 g/L ;
- la stéatohépatite non alcoolique ou une fibrose hépatique ;
- le syndrome des ovaires polykystiques ;
- les troubles de la fertilité avec projet d'assistance médicale à la procréation ;
- la maladie rénale chronique ;
- le syndrome d'apnées du sommeil avec un index d'apnées supérieur ou égal à 15 par heure ;
- l'asthme sévère lié à l'obésité ;
- les lombalgies ou l'arthrose invalidantes et documentées ;
- l'incontinence urinaire invalidante ;
- la hernie pariétale symptomatique ;
- l'hypertension intracrânienne idiopathique résistante ;
- un handicap moteur.
Si vous vous reconnaissez dans l'une de ces situations, notez-la avant votre rendez-vous : c'est elle qui conditionne votre dossier.
La condition préalable que beaucoup découvrent trop tard
Le remboursement suppose l'échec d'une prise en charge nutritionnelle bien conduite, définie officiellement comme une perte de poids inférieure à 5 % après six mois de suivi.
Autrement dit, on ne passe pas directement au traitement. Il faut avoir été suivi, avoir essayé, et que cela n'ait pas suffi. Si vous n'avez pas encore ce parcours derrière vous, c'est la première étape à engager, et elle prend six mois.
Le traitement reste par ailleurs prescrit en complément d'une alimentation adaptée et d'une activité physique, jamais à leur place.
Qui peut faire la première ordonnance
C'est le point qui bloque le plus de monde, et celui sur lequel les informations approximatives circulent le plus.
Votre médecin traitant ne peut pas initier le traitement. La primo-prescription est réservée aux médecins suivants :
- les spécialistes en endocrinologie, diabétologie, nutrition, exerçant en centre spécialisé de l'obésité (CSO), en CHU, ou dans un service de soins médicaux et de réadaptation spécialisé en gastro-entérologie, endocrinologie, diabétologie et nutrition ;
- les chirurgiens pratiquant la chirurgie bariatrique, dans ces mêmes structures ;
- les médecins coordinateurs d'un parcours coordonné renforcé « obésité complexe » ;
- les spécialistes en endocrinologie, diabétologie et nutrition exerçant en ville, à condition d'être formellement en lien avec un centre spécialisé de l'obésité, par une charte ou une activité partielle en CSO.
Ce dernier point est important : depuis la modification des arrêtés en juin 2026, un endocrinologue libéral rattaché à un CSO peut prescrire. Vous n'êtes donc pas obligé de passer uniquement par l'hôpital.
Dans le cadre du diabète de type 2, les règles sont différentes et la prescription est ouverte à tout médecin.
Trouver un prescripteur près de chez vous
Il existe un annuaire officiel des centres spécialisés de l'obésité, avec une carte et les coordonnées de chaque centre :
- Annuaire des CSO, groupe de coordination des centres spécialisés de l'obésité ;
- Les centres spécialisés obésité, ministère chargé de la Santé ;
- Les CSO sur Santé.fr, service public d'information en santé.
Les délais sont souvent longs. Prenez rendez-vous dès que vous savez que vous remplissez les critères, quitte à annuler ensuite.
Le renouvellement, lui, est simple
Une fois le traitement initié par un médecin habilité, le renouvellement peut être fait par tout médecin, y compris votre médecin traitant. C'est uniquement la première ordonnance qui est encadrée.
Le document obligatoire
Le prescripteur doit remplir un document de demande via le téléservice de l'Assurance Maladie, et vous le remettre. Sans ce document, la pharmacie ne peut pas appliquer le remboursement.
Pensez à le récupérer et à le conserver : c'est lui qui matérialise votre droit.
Combien vous reste-t-il à payer
Le taux de remboursement est de 65 %. Une prise en charge à 100 % peut s’appliquer lorsque le traitement est prescrit en lien avec une ALD exonérante et figure dans la partie correspondante de l’ordonnance bizone. Le fait d’être en ALD ne suffit pas, à lui seul, à garantir cette prise en charge. Le reste peut être pris en charge par votre mutuelle, selon votre contrat.
Le prix évoluant et dépendant du dosage, vérifiez le montant exact auprès de votre pharmacien plutôt que de vous fier à un chiffre lu en ligne.
Les erreurs les plus fréquentes
« Mon médecin traitant va me le prescrire. » Pas pour la première ordonnance, sauf dans le cadre du diabète de type 2.
« J'ai un IMC de 32, j'y ai droit. » Le médicament est autorisé à partir de 27 avec comorbidité, mais remboursé seulement à partir de 35 avec comorbidité, ou 40 sans.
« Je vais demander directement le traitement. » Le parcours suppose six mois de suivi nutritionnel documenté au préalable.
« Ozempic, c'est pareil et c'est remboursé. » Ozempic relève du diabète de type 2. L'utiliser pour le poids est un usage hors autorisation, non remboursé dans cette indication, et cela aggrave les tensions d'approvisionnement pour les personnes diabétiques.
À retenir
Le remboursement est réel, mais encadré. Trois conditions se cumulent : un IMC d'au moins 35 avec comorbidité ou 40 sans, six mois de prise en charge nutritionnelle sans résultat suffisant, et une première ordonnance établie par un médecin habilité, que vous pouvez trouver via l'annuaire des CSO.
Le renouvellement, ensuite, revient à votre médecin traitant.
Questions fréquentes
Mon médecin traitant peut-il me prescrire Wegovy ou Mounjaro ?
Pas pour la première ordonnance dans l'indication obésité. La primo-prescription est réservée à des médecins habilités, notamment les spécialistes en endocrinologie, diabétologie et nutrition exerçant en centre spécialisé de l'obésité, en CHU, ou en ville s'ils sont formellement rattachés à un CSO. Le renouvellement, en revanche, peut être fait par tout médecin, y compris votre médecin traitant.
Quel IMC faut-il pour être remboursé ?
Un IMC supérieur ou égal à 40, ou supérieur ou égal à 35 avec au moins une comorbidité reconnue. Attention : le médicament est autorisé dès un IMC de 27 avec comorbidité, mais autorisation et remboursement sont deux choses différentes.
Faut-il avoir essayé autre chose avant ?
Oui. Le remboursement suppose l'échec d'une prise en charge nutritionnelle bien conduite, définie officiellement comme une perte de poids inférieure à 5 % après six mois de suivi.
Où trouver un médecin habilité près de chez moi ?
Un annuaire officiel des centres spécialisés de l'obésité existe, avec une carte et les coordonnées de chaque centre, sur le site du groupe de coordination des CSO (obesitefrance.fr) ainsi que sur Santé.fr et sante.gouv.fr.
Combien reste-t-il à ma charge ?
Le taux de remboursement est de 65 %. Une prise en charge à 100 % peut s’appliquer lorsque le traitement est prescrit en lien avec une ALD exonérante et figure dans la partie correspondante de l’ordonnance bizone. Le fait d’être en ALD ne suffit pas, à lui seul, à garantir cette prise en charge. Le reste peut être couvert par votre mutuelle selon votre contrat. Le prix dépendant du dosage, vérifiez le montant exact auprès de votre pharmacien.
Ozempic est-il remboursé pour la perte de poids ?
Non. Ozempic relève de l'indication diabète de type 2. Son utilisation pour le contrôle du poids est un usage hors autorisation de mise sur le marché, non remboursé à ce titre.
Les contenus sont rédigés à partir de sources fiables et officielles, mais ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé. Ce site ne personnalise aucun traitement, aucune dose et aucun rythme.
