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COURAGE : préserver la masse maigre sous GLP-1, que montrent les résultats ?
Le retour sur COURAGE à Milan : moins de masse maigre perdue avec le trevogrumab associé au sémaglutide, mais encore des questions sur la force et l’autonomie.

Le congrès de Milan a remis une question très concrète au premier plan : quand le poids baisse, que devient le muscle ? Ce décryptage reprend le compte rendu de Céline de la séance COURAGE du 1er octobre 2026, croisé avec le communiqué public du promoteur et le registre de l’essai.
Une baisse de masse maigre atténuée, pas effacée
COURAGE étudie le trevogrumab, un anticorps dirigé contre la myostatine, associé au sémaglutide. Il s’agit d’un essai de phase 2 financé par Regeneron, chez des adultes vivant avec une obésité. Le trevogrumab n’est pas lui-même un GLP-1.
Dans la cohorte suivie pendant un an sous sémaglutide, la masse maigre mesurée par DXA a diminué en moyenne de 7,3 % avec le placebo, contre 4,2 % avec le trevogrumab à 75 mg. Ces doses décrivent le protocole de recherche et ne sont pas des conseils de traitement.
L’écart est de 3,1 points de pourcentage. Dire que la perte est réduite d’environ 42 % ne veut donc pas dire que les participants ont gagné 42 % de muscle : il reste une diminution du compartiment maigre. Ce résultat ne décrit pas non plus la réponse de chaque personne.
Masse maigre, muscle et force : trois mesures différentes
C’est un point central du compte rendu de Céline. La masse maigre inclut de l’eau et différents tissus ; elle ne correspond pas au muscle seul. La DXA renseigne la composition corporelle. Une sous-étude par IRM a étudié plus précisément les muscles des cuisses, avec des résultats allant dans le sens d’une préservation.
Mais une image ou une mesure de masse ne répond pas à toutes les questions de la vie quotidienne. Se lever facilement, porter ses courses, marcher ou éviter une chute demandent aussi de mesurer la force et les capacités physiques. Un bénéfice sur ces fonctions ne peut pas être déduit automatiquement des résultats de composition corporelle.
Après l’arrêt du sémaglutide, une autre question
Une autre partie de l’essai étudie ce qui se passe après l’arrêt du sémaglutide, avec poursuite du trevogrumab ou d’un placebo. Le compte rendu distingue cette période de la phase d’amaigrissement : de la masse maigre peut être regagnée, mais de la graisse revient aussi.
Retrouver une moyenne de masse maigre proche du départ ne signifie donc pas conserver tout le poids perdu. Et un maintien obtenu pendant la prise d’un autre médicament ne démontre pas ce qui se passerait après l’arrêt de tous les traitements.
Ce qu’il reste à établir
La tolérance doit être lue avec les bénéfices. Les résultats du trevogrumab ne se confondent pas avec ceux de l’association triple incluant le garetosmab, moins bien tolérée dans les données rapportées. Il reste notamment à préciser les personnes qui bénéficieraient le plus de cette approche, sa durée et ses effets fonctionnels à long terme.
Le repère à retenir : cette recherche invite à regarder la qualité de la perte de poids, au-delà de la balance. Elle ne justifie pas de modifier seul son traitement. Une fatigue, une faiblesse ou des difficultés à s’alimenter méritent d’être discutées avec l’équipe qui vous suit.
Méthode : synthèse du dossier personnel de Céline et vérification des sources publiques le 9 octobre. Le communiqué est une source du laboratoire promoteur ; l’article intégral annoncé dans The Lancet n’a pas été analysé pour ce décryptage.
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