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Arrêter un GLP-1 augmenterait le risque d’infarctus et d’AVC de 22 % ? Ce que dit vraiment l’étude

Un chiffre circule : +22 % de risque cardiovasculaire deux ans après l’arrêt d’un GLP-1. Il vient d’une étude observationnelle chez des vétérans américains atteints de diabète de type 2. Voici ce qu’il signifie, et ce qu’il ne signifie pas.

Un médecin commente un électrocardiogramme à l’écran face à son patient
Los Muertos Crew / Pexels · Pexels License

Vous avez peut-être vu passer cette information ces derniers jours : « arrêter un GLP-1 augmenterait le risque cardiovasculaire », avec un chiffre qui fait forcément réagir, +22 % de risque après deux ans. Avant de paniquer en regardant son stylo dans le frigo, regardons ce que dit réellement l’étude.

D’où vient ce chiffre ?

L’étude a été publiée dans BMJ Medicine en mars 2026 (Xie, Choi et Al-Aly, « émulation d’essai cible » à partir des données des vétérans américains). Les chercheurs ont analysé les données de 333 687 vétérans américains atteints de diabète de type 2 : 132 551 avaient commencé un agoniste du GLP-1, et 201 136 un traitement de la famille des sulfonylurées, utilisé ici comme comparateur. Ils ont ensuite observé ce qui se passait lorsque le GLP-1 était poursuivi ou interrompu.

Ce que trouvent les chercheurs

Chez les personnes qui ont pris leur GLP-1 en continu pendant trois ans, le risque combiné d’infarctus, d’AVC ou de décès était inférieur de 18 % par rapport au groupe sous sulfonylurées.

En comparant ceux qui continuaient leur GLP-1 avec ceux qui l’avaient interrompu, ils observent une augmentation relative du risque après l’arrêt : +4 % après six mois, +14 % après un an, +22 % après deux ans. C’est ce dernier chiffre qui circule dans les titres.

Ce que ce chiffre ne veut pas dire

  • Ce n’est pas 22 personnes sur 100 qui feront un infarctus après l’arrêt.
  • Cela ne montre pas que l’arrêt provoque directement un infarctus ou un AVC.
  • Le +22 % est une augmentation relative du risque par rapport aux personnes qui continuaient leur traitement.

Surtout, ce n’était pas un essai randomisé : personne n’a demandé à des patients d’arrêter leur traitement. C’est une étude observationnelle, à partir de données de santé. Elle montre une association, pas à elle seule une relation de cause à effet.

Une population très particulière

L’étude concerne des vétérans américains atteints de diabète de type 2, très majoritairement des hommes, avec leur propre profil de risque cardiovasculaire. On ne peut donc pas appliquer ce +22 % à toutes les personnes sous Mounjaro ou Wegovy pour une obésité sans diabète.

Pourquoi le risque pourrait-il remonter après l’arrêt ?

C’est justement la question, que détaille une revue récente de Nature Reviews Endocrinology sur les conséquences de l’arrêt des médicaments contre l’obésité. Après l’arrêt d’un GLP-1, certaines personnes peuvent reprendre du poids, voir leur glycémie se dégrader ou perdre une partie des améliorations cardiométaboliques obtenues pendant le traitement. Mais il pourrait aussi y avoir autre chose.

Une nouvelle analyse de l’étude SELECT, publiée dans l’European Heart Journal, rend le sujet encore plus intéressant. SELECT avait suivi 17 604 personnes en surpoids ou en obésité, avec une maladie cardiovasculaire mais sans diabète : le sémaglutide 2,4 mg avait réduit de 20 % le risque d’événements cardiovasculaires majeurs par rapport au placebo. La nouvelle analyse suggère que cette protection ne s’explique pas uniquement par la perte de poids. Les chercheurs explorent d’autres pistes, autour de l’inflammation, des vaisseaux et du cœur. Ce sont encore des pistes.

Ce qu’il faut retenir

  • Les bénéfices cardiovasculaires de certains GLP-1 sont bien documentés dans certaines populations.
  • Cette étude observe une hausse progressive du risque après interruption, chez des personnes atteintes de diabète de type 2.
  • Elle ne démontre pas que l’arrêt provoque directement un infarctus ou un AVC.
  • Le « +22 % » est un risque relatif à deux ans, pas 22 % des patients.
  • Ces résultats ne se généralisent pas automatiquement à toutes les personnes sous Mounjaro ou Wegovy.
Cette étude n’est pas une raison pour modifier, reprendre ou poursuivre seul son traitement. Une décision d’arrêt ou de poursuite se discute avec le professionnel de santé qui vous suit.

Ce que je trouve intéressant, c’est qu’on commence à dépasser la seule question « combien de kilos ? » pour regarder le cœur, les vaisseaux, le métabolisme… et ce qui se passe quand le traitement s’arrête. Je vais suivre ce sujet de près à l’EASD de Milan.

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Les contenus sont rédigés à partir de sources fiables et officielles, mais ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé. Ce site ne personnalise aucun traitement, aucune dose et aucun rythme.

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